Essai nucléaire





Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir essai (homonymie).



Le champignon de Baker, deuxième essai nucléaire sur l'atoll Bikini aux Îles Marshall, par les États-Unis le 25 juillet 1946 (opération Crossroads).


Un essai nucléaire désigne l'explosion d'une bombe nucléaire à des fins expérimentales. Les essais permettent de valider des modèles de fonctionnement, leurs effets et peuvent également prouver à la communauté internationale que l'on dispose de l'arme nucléaire.


L'accident dû aux retombées radioactives de l'essai Castle Bravo dans l'atoll de Bikini en 1954 déclencha un mouvement d'opinion global critique à l'égard des tests et, plus généralement, du développement d'armes nucléaires[1]. Ce mouvement conduisit dans un premier temps au traité d'interdiction partielle des essais nucléaires notamment dans l'atmosphère, et sur le projet de Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, non encore ratifié par les États-Unis.




Sommaire






  • 1 Types


  • 2 Dans le monde


    • 2.1 Essais notables


    • 2.2 Essais nucléaires atmosphériques


    • 2.3 Sites




  • 3 Traités


  • 4 Effets sur la santé


  • 5 Simulation


  • 6 Notes et références


  • 7 Annexes


    • 7.1 Articles connexes


    • 7.2 Liens externes







Types |




Les quatre types d'essai nucléaire :
1) atmosphérique ;
2) souterrain ;
3) extra-atmosphérique ;
4) sous-marin.


Outre le type de bombe (à fission ou à fusion), les essais nucléaires peuvent être catégorisés par l'endroit où la bombe a explosé incluant sous l'eau, sous terre ou dans l'atmosphère (les explosions au niveau du sol sont considérées comme atmosphériques). Les essais atmosphériques sont ceux qui contaminent le plus l'environnement du fait de la quantité d'éléments qui se retrouvent exposés aux radiations et aux vents qui les disséminent loin du lieu de l'explosion. À l'opposé, les explosions souterraines sont celles qui dispersent le moins de matières radioactives.


Plusieurs méthodes d'explosions ont été testées, comme notamment par largage d'un avion, sur une tour, d'un ballon, sur ou en dessous d'un bateau. Des essais en dehors de l'atmosphère (appelé essais extra-atmosphériques), à partir d'une fusée, ont même eu lieu[2].



Dans le monde |




Chronologie des essais nucléaires dans le monde.


Au total, plus de 2 000 explosions officielles dans le monde ont eu lieu. Tous les grands pays ayant l'arme nucléaire ont procédé à des essais. La moitié des explosions officielles recensées, avec 1 050 explosions, ont eu lieu aux États-Unis suivies par l'Union soviétique avec 715 explosions officielles. La France est à la troisième place avec 210 explosions, suivis à nombre égal du Royaume-Uni (45 explosions officielles) et de la République populaire de Chine avec 45 explosions (23 atmosphériques et 22 souterrains, à la base d'essai d'armes nucléaires du Lob Nor, à Malan, Xinjiang)[3],[4]. Les autres pays incluent l'Inde et le Pakistan (5 ou 6 essais) et enfin la Corée du Nord (4 essais).


En plus de ces essais confirmés, deux pays sont suspectés d'avoir réalisé des essais : Israël ou l'Afrique du Sud, voire les deux conjointement. Le 22 septembre 1979 dans l'océan Indien, à proximité de l'île Marion, un satellite de surveillance américain Vela détecte un flash[5] qui pour certains, comme le journaliste américain Seymour Hersh (auteur du livre L’option Samson : l’arsenal nucléaire israélien et la politique étrangère américaine), pourrait correspondre à une explosion nucléaire de faible puissance. Mais à ce jour (octobre 2008), l'origine de ce flash nommé incident Vela reste inconnue. De son côté, la France a mené 41 essais nucléaires atmosphériques en Polynésie entre 1966 et 1974[6].



Essais notables |


Voici une liste de quelques essais notables. Les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki n'y figurent pas, puisque ces explosions n'avaient pas pour finalité d'être des essais (on les classe habituellement dans la catégorie « tir de combat »).












































































































































Date
Nom de code
Puissance
Pays
Remarque

16 juillet 1945

Trinity
19 kt

Drapeau des États-Unis États-Unis
Premier test au monde d'une arme à fission (bombe A)

29 août 1949

RDS-1
22 kt

Drapeau de l'URSS Union soviétique
Premier test de l'URSS d'une arme à fission

3 octobre 1952

Opération Hurricane
22 kt

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Premier test du Royaume-Uni d'une arme à fission

1er novembre 1952

Ivy Mike
10 Mt

Drapeau des États-Unis États-Unis
Premier test au monde d'une arme à fusion (bombe H)
1er mars 1954
Castle Bravo
15 Mt

Drapeau des États-Unis États-Unis
Plus importante explosion thermonucléaire américaine

22 novembre 1955

RDS-37
1,6 Mt

Drapeau de l'URSS Union soviétique
Premier véritable test de l'URSS d'une arme à fusion

8 novembre 1957

Opération Grapple
1,8 Mt

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Premier test du Royaume-Uni d'une arme à fusion

13 février 1960

Gerboise bleue
70 kt

Drapeau de la France France
Premier test de la France d'une arme à fission.

31 octobre 1961

Tsar Bomba
50 à 57 Mt

Drapeau de l'URSS Union soviétique
Plus importante explosion thermonucléaire jamais effectuée dans le monde

9 juillet 1962

Starfish prime
1,4 Mt

Drapeau des États-Unis États-Unis
Plus importante explosion thermonucléaire dans la stratosphère, la discussion sur ses retombées et la création d'une ceinture de radiations autour de la terre due à cette explosion, n'est pas close

16 octobre 1964

596
22 kt

Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Premier test de la Chine d'une arme à fission

17 juin 1967

Test numéro 6
3,3 Mt

Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Premier test de la Chine d'une arme à fusion

24 août 1968

Canopus
2,6 Mt

Drapeau de la France France
Premier test de la France d'une arme à fusion

18 mai 1974

Smiling Buddha
12 kt

Drapeau de l'Inde Inde
Première « explosion nucléaire pacifique » de l'Inde

11 mai 1998

Shakti I
25 kt à 45 kt

Drapeau de l'Inde Inde
Premier test de l'Inde d'une arme à fission « augmentée » ou à fusion

28 mai 1998

Chagai-I
40 kt[7]

Drapeau du Pakistan Pakistan
Premier test du Pakistan d'une arme à fission

9 octobre 2006

Essai de 2006
Moins de 1 kt[8]

Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord

Premier test de la Corée du Nord d'une arme à fission
25 mai 2009

Essai de 2009


Drapeau de la Corée du Nord Corée du Nord
Premier succès du test de la Corée du Nord d'une arme à fission


Essais nucléaires atmosphériques |


520 explosions nucléaires expérimentales ont été effectuées dans l'atmosphère entre 1945 et 1980 par cinq États :

















































État
Nombre d'essais
Début
Fin
Sites

Drapeau des États-Unis États-Unis
210
1945
1962



  • Alamogordo (Nouveau-Mexique)

  • Atolls de Bikini (23) et de Enewetak (42) (îles Marshall)


  • Site d'essais du Nevada (NTS)


  • Atoll Johnston (10 essais)


  • Île Christmas (26)

  • Site inconnu dans l'Atlantique Sud (6 essais)



Drapeau de l'URSS Union soviétique
216
1949
1962



  • Polygone nucléaire de Semipalatinsk (Kazakhstan) (125 essais)

  • Archipel de Nouvelle-Zemble (Océan Arctique) (91 essais)



Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
21
1952
1958



  • Îles Monte Bello (3 essais)


  • Emu Field (2) Maralinga (7) (Australie)


  • Île Malden (3)


  • Île Christmas (6)



Drapeau de la France France
50
1960
1974



  • Reggane (Sahara algérien) (4)

  • Atolls de Moruroa (41) et Fangataufa (5) (archipel des Tuamotu dans le Pacifique)



Drapeau de la République populaire de Chine Chine
23
1964
1980


  • Lop Nor (Xinjiang)



Sites |


Article détaillé : Site d'essai nucléaire.



Plus de 2000 explosions nucléaires ont été conduites par les pays suivants: Russie/URSS (rouge), USA (bleu clair), France (bleu), Royaume-Uni (violet), Chine (jaune), Inde (Orange), Pakistan (marron), Corée du Nord (vert), Israël? (noir). Les pays exposés aux essais de bombes nucléaires sont indiqués en vert clair.


Les sites retenus pour les essais nucléaires atmosphériques sont situés dans des zones isolées comme des déserts ou des îles océaniques parfois évacués en vue des essais. Cependant la portée des retombées radioactives a causé des contaminations dont souffrent toujours les populations voisines. À cause des retombées radioactives des essais nucléaires, la dose efficace individuelle moyenne sur une vie entière est estimée à 3,7 millisievert mSv pour la population mondiale. Mais les populations vivant près des sites d'essais nucléaires sont exposées à des retombées locales plus élevées[9].



Traités |


Notamment en raison des problèmes écologiques liés aux explosions nucléaires, des traités internationaux ont été créés visant à limiter, puis à interdire tout essai nucléaire en conditions réelles.


Le Traité d'interdiction partielle des essais nucléaires, signé le 5 août 1963 à Moscou par les États-Unis, l'Union soviétique et le Royaume-Uni est le premier d'entre eux. Entré en vigueur le 10 octobre 1963, il vise à interdire tout essai nucléaire dans l'atmosphère, dans l'espace extra-atmosphérique et sous l'eau. Ce traité a pour objectif de limiter la dispersion par une explosion nucléaire des matières irradiées au pays responsable de l'explosion. C'est pour cette raison que les essais souterrains ne sont pas interdits dans ce traité, le confinement des éléments radioactifs étant possible. La Chine et la France n'ont pas participé à ce traité et ont pu ainsi développer leur arsenal nucléaire[10].


Le Traité sur la limitation des essais souterrains d'armes nucléaires (TTBT, pour Threshold Test Ban Treaty) interdit les essais d'armes nucléaires dont la puissance est supérieure à 150 kilotonnes. Ce traité a été signé le 3 juillet 1974 par les États-Unis et l'Union soviétique. Le Traité sur les explosions nucléaires à des fins pacifiques (PNET, pour Peaceful Nuclear Explosions Treaty) est dans la continuité du TTBT et vise à interdire les explosions individuelles supérieures à 150 kilotonnes et multiples à 1,5 mégatonne. Le traité a été signé par les États-Unis et l'Union soviétique le 28 mai 1976, mais n'a jamais été ratifié, cependant, les deux États se sont engagés à respecter ses termes.




Photographie en couleur du premier essai d'explosion nucléaire (Trinity près d'Alamogordo au Nouveau-Mexique.


Les États ayant ratifié le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), signé à New York le 24 septembre 1996, s'engagent « à ne pas effectuer d'explosion expérimentale d'arme nucléaire, ou d'autre explosion nucléaire, et à interdire et empêcher toute explosion de cette nature en tout lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle ». Ils s'engagent en outre « à s'abstenir de provoquer ou d'encourager l'exécution - ou de participer de quelque manière que ce soit à l'exécution - de toute explosion expérimentale d'arme nucléaire ou de toute autre explosion nucléaire ». Ce traité prévoit des inspections ainsi que l'établissement de capteurs de différents types (sismique, hydroacoustique, etc.) pour vérifier que les États parties au traité soient en conformité avec ce dernier. En décembre 2005, 65 % des capteurs étaient opérationnels. Cependant, pour des raisons d'économie, les événements sismiques d'une magnitude inférieure à 3 sur l'échelle de Richter ne sont pas vérifiés. Or d'après le rapport Leith (voir Liens externes), les techniques de découplage d'essais souterrains permettent aujourd'hui d'atténuer l'onde de choc d'une explosion souterraine d'une puissance hectotonnique de telle manière que le séisme ne dépasse pas cette valeur de 3 sur Richter. Dans le cadre de la révision des doctrines nucléaires des États-Unis, de la Russie et de la France depuis la fin de la Guerre froide, c'est précisément ce type d'armes nucléaires de puissance hectotonnique qui sont développées.


Les pays possédant l'arme nucléaire et n'ayant pas ratifié le TICE incluent la Chine, la Corée du Nord, les États-Unis, l'Inde et le Pakistan. Toutefois, lors de son déplacement en Europe en avril 2009, Barack Obama a prononcé à Prague un discours plaidant pour la ratification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires[11].



Effets sur la santé |


Article détaillé : Retombée nucléaire.

L'essai nucléaire américain de Castle Bravo a largement dépassé les prévisions en termes de puissance. Il a créé un nuage radioactif qui a entraîné un syndrome d'irradiation aiguë pour l'équipage du Daigo Fukuryū Maru qui pêchait dans cette zone (à 140 km de l'hypocentre), tuant l'un des marins, Aikichi Kuboyama. Dans les archipels d'Ailinginae, Rongelap, Rongerik et Utirik (îles Marshall), des « cendres » radioactives sont tombées, nécessitant une évacuation allant de quelques mois à plusieurs années. Malgré cette précaution tardive, les populations locales (quelques centaines de personnes) ont souffert immédiatement après l'essai de syndrome d'irradiation aiguë, puis plus tard de problèmes de la thyroïde (certains ayant été masqués par des ablations préventives), cancer du sein, fausses couches, naissances de bébés souffrant de malformations plus ou moins graves (dont des « bébés méduses » et des « bébés grappes de raisins »)[1].



Simulation |


Dans l'optique du TICE, des politiques de création d'installations simulant des explosions nucléaires sont développées, permettant ainsi de s'affranchir des tests grandeurs natures et ainsi de continuer de développer l'arsenal nucléaire existant.


Deux pays sont particulièrement avancés dans ce domaine, les États-Unis avec le National Ignition Facility (NIF) dont la construction a coûté 3,5 milliards de dollars (de 1997 à 2009) et la France avec le Laser Mégajoule du programme Simulation. Des mouvements pacifistes s'opposent à ce qu'ils jugent comme un détournement du TICE et qui fait que seuls les États qui en ont les moyens peuvent poursuivre leurs recherches[12].



Notes et références |




  1. a et b« Les cobayes du Dr Folamour », Le Monde


  2. « Le désastre des essais nucléaires » (consulté le 5 novembre 2012)


  3. (en) Nuclear Weapons, voir aussi Nuclear Weapons Test List


  4. (en) « Chinese Nuclear Tests Allegedly Cause 750,000 Deaths », Epoch Times, 30 mars 2009.


  5. (en) « The Vela Incident »


  6. « HISTOIRE DE MISSILES... LE 1er GMS DU PLATEAU D'ALBION », sur Capcom Espace


  7. (en) Pakistan Nuclear Weapons, Federation of American Scientists, 11 décembre 2002.


  8. « Les tests américains confirment l'essai nucléaire nord-coréen », 17 octobre 2006, Le Monde


  9. http://www.laradioactivite.com/site/pages/Retombees_Essais_Nucleaires.htm


  10. http://www.un.org/fr/disarmament/instruments/ptbt.shtml


  11. « Obama veut «un monde sans armes nucléaires» et plus vert », Libération, 5 avril 2009(consulté le 16 avril 2009)


  12. « La course aux armements se poursuit en laboratoires », L'Humanité, 30 janvier 1996(consulté le 26 mars 2009)



Annexes |


.mw-parser-output .autres-projets ul{margin:0;padding:0}.mw-parser-output .autres-projets li{list-style-type:none;list-style-image:none;margin:0.2em 0;text-indent:0;padding-left:24px;min-height:20px;text-align:left}.mw-parser-output .autres-projets .titre{text-align:center;margin:0.2em 0}.mw-parser-output .autres-projets li a{font-style:italic}

Sur les autres projets Wikimedia :





Articles connexes |



  • Essais nucléaires français

  • Liste d'essais nucléaires

  • Essai nucléaire souterrain



Liens externes |




  • (fr) Rapport parlementaire sur les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires français et étrangers (2001)


  • (en) Rapport de l'U.S. Geological Survey sur possibilités de réalisation d'essais nucléaires souterrains clandestins et les techniques de détection (2001)


  • (fr) Cartographie des essais nucléaires dans le monde (2009)


  • (en) Photos d'essais nucléaires : «When we tested Nuclear Bombs» (2011)


  • (en) [vidéo] Chronologie des 2053 explosions et essais de 1945 à 1998 à la surface du globe sur YouTube (avec effets visuels et sonores).




  • Portail de l’histoire militaire Portail de l’histoire militaire
  • Portail du nucléaire Portail du nucléaire



Popular posts from this blog

Histoire des bourses de valeurs

Why is there Russian traffic in my log files?

Rename multiple files to decrement number in file name?